POUR L'AMOUR DES PLANTES  ( III )

LE PISSENLIT ( taraxacum dens leonis)

Le frelon et l'ortie...

En tant que défenseuse incurable des frelons et des orties, je me sens aujourd’hui le devoir de défendre la juste cause de l’ami pissenlit.

 

Certaines personnes que l’on rencontre peuvent paraître piquantes ou irritantes au premier contact : pourtant bien souvent, comme avec les orties, un peu de patience et ce premier abord inconfortable une fois franchi ouvre les porte sur un réservoir de générosité et de nutriments.

 

Pour le frelon, c’est encore autre chose, car il fait peur. Et pourtant c’est un compère tranquille et pacifique qui n’attaque que très rarement et ce pour des raisons indiscutablement légitimes. Son nid est là et tu t ‘es approché de trop près. En général, il pendouille en hauteur, donc au moins pas de risque de marcher dessus. C’est déjà ça.

Mais, allez, sincèrement,  que feriez-vous, vous, si un monstre de 50 mètre de haut s’approchait de trop près de votre maison ou du landeau du petit ?

L’ortie à longtemps été l’or du pauvre, une mine de richesse nutritive (vitamines, minéraux, enzymes végétales, protéines…) qu’il pouvait librement mettre dans sa tasse et son assiette.

Quand au frelon, il a été considéré par de nombreuses civilisations comme un messager entre les hommes et les dieux.

 

Depuis l’année dernière, j’ai un nid de frelon qui s’est installé sous les toit du chalet ou je vis. Ca c’est plutôt pas mal, ça me permet de faire passer un sacré paquet de réclamations.. Bon, c’est vrai que le flux a carrément explosé ces derniers mois, et que le courrier s’empile, mais à part ça, nous cohabitons en bonne entente et nul accident n’a jamais été à déplorer.

 

And what about the Pissenlit, me direz-vous ?

Et bien le pissenlit, c’est un peu pareil.

Déjà rien que son nom l’expulse en dehors de l’élégant carré des simples. 

Toute mon enfance il fut pour moi une « mauvaise herbe », et le calvaire de passer chaque printemps des heures entières à les arracher un à un à la fourchette , « parce qu’il faut bien arracher les racines ! », disait ma mère. J’avoue, je l’ai pensé plus d’une fois, accroupie le nez dans la terre : « bondiou, je vais t’en donner des racines, moi ! »

 

Ce n’est que quinze ans plus tard que j’ai pris conscience du sacrilège qui avait pris racine dans mon esprit et dans mes mains. Le pissenlit, une mauvaise herbe ? Et d’abord, sérieusement : « une mauvaise herbe » ? Bon, celui qui a inventé cette très improbable série de mots, allez, soyons francs : il devait s’ennuyer sec…j’aurai aimé avoir été là pour lui offrir un Scrabble…  

Et pourtant, ni une ni deux, il l’a rêvé et on l’a fait. C’est passé dans le dictionnaire. Hop, on regarde ailleurs une seconde, et on se retrouve demain avec « un mauvais arbre », « une bonne feuille » et pleins de mots latins pour que surtout, ça ait l’air bien sérieux.

 

Mais revenons à l’essentiel, voulez-vous ?

Le pissenlit est un petit soleil sauvage, une mine d’or solidaire qui à en plus le mérite de n’être gardé par aucun dragon.

Il y a certes bien une dent de lion, mais c’est juste dans son nom. 

L'utilisation du pissenlit comme plante médicinale trouve ses origines dans l'Antiquité grecque. Cependant, les premières véritables utilisations du pissenlit remontent au XVIe siècle, durant lequel les médecins l'utilisaient pour soigner les maladies des reins. Le pissenlit a ensuite été employé pour soigner les troubles de la vésicule biliaire, pour faire baisser la fièvre, lutter contre la rétention d'eau, les rhumatismes ou les problèmes de peau. En Chine cette plante était même vue comme un remède pour soulager les patients atteints de cancers ou d'hépatites.

🍃 En salade, en soupe, ou en tisane, ses feuilles et ses fleurs regorgent de vitamines et de minéraux, en plus de la richesse de ses propriétés médicinales qui viennent soigner notre système immunitaire, rénal, digestif et hépatobiliaire 🍃 

Cela étant dit, heureusement, nul besoin d’être malade pour se faire du bien ! Alors voici une recette sympa qui rend au passage tout son honneur à la fourchette :  

 

Beignets de pissenlits

 

Ingrédients : 

50 ml de lait

1 oeuf

20 g de sucre de canne complet

50 g de farine

20 Fleurs de pissenlit écloses (sans tige)

Huile (à friture)

Sucre glace et cannelle

 

Battre l'œuf et le lait avec une fourchette. Ajouter le sucre et mélanger.

Laver les pissenlits, bien les tremper dans le mélange d'œuf puis les enrober de farine.

Faire chauffer un bon fond d'huile dans une poêle.

Déposer les pissenlits dans l'huile chaude et faire cuire jusqu'à ce qu'ils prennent une couleur dorée.

Retirer-les avec une écumoire.

Les servir saupoudrés de sucre et de cannelle.

🍃  Au nom du frelon, de l’ortie et du pissenlit,

je vous souhaite de joyeuses ceuillettes et, oyez, oyez, un bon appétit ! 🍃

  

" Le Pissenlit 

Le frelon et l'ortie..."par Kiara Marina Stanton

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